Local and Urban Politics



E04 - Local policy and policy-making

Date: May 30 | Time: 01:30pm to 03:00pm | Location:

Raconte-nous Mirabel. L'impact à long terme des expropriations sur la construction des identités territoriales.: Flandrine Lusson (INRS - centre Urbanisation Culture Société)
Abstract: Historiquement composé de 14 paroisses fusionnées et massivement expropriées en 1969 pour la construction du nouvel aéroport international du Canada, le territoire de Mirabel a connu plusieurs transformations fortes au fil des ans. Aujourd'hui, c'est la ville avec la plus forte croissance démographique et l'âge moyen de la population le plus bas au Québec. Dans ce contexte, nous pouvons nous demander : quelle est l'identité de Mirabel ? Quelles mémoires restent-ils des expropriations des années 1970 et de leurs conséquences ? Et comment affectent-elles l'attachement au lieu des résident.e.s et à l'identité territoriale projetée par la municipalité? Grâce à un travail d'archivage, la réalisation de 25 entrevues avec des résident.e.s, des élu.e.s, et des professionnel.le.s de l'aménagement du territoire municipal, et la production de cartes sensibles, c'est bien cette question de l'identité de ce territoire en pleine transformation, et de la place prise par la mémoire des expropriations au sein de celle-ci, qui est questionnée, pour réfléchir aux impacts à long terme des mégaprojets sur le développement passé, présent et futur d'un territoire. Les résultats préliminaires de ma recherche montrent que la mémoire des expropriations est toujours présente, marquant le paysage physique et symbolique de la municipalité, ainsi que sa trajectoire de développement. Aujourd’hui, Mirabel fait face à un morcellement pluriel entre agriculture et urbanisation, entre développement économique et préservation du patrimoine local, entre unité territoriale et attachement aux paroisses historiques. Finalement, évaluer ces enjeux permet aussi de réfléchir à l’aménagement futur de ce territoire particulier.


Politiques Algorithmiques de la Sécurité Urbaine: Florent Castagnino (Institut Mines-Télécom / Université de Nantes)
Abstract: Au Canada ou en France, des collectivités recourent à des dispositifs algorithmiques dans le domaine de la sécurité urbaine : vidéosurveillance dite « intelligente », gestion numérique des foules, cartographie prédictive, etc. Ces technologies, souvent développées par des entreprises privées, viennent équiper une pluralité d’acteurs (polices locales, provinciales et nationales, agents de sécurité privée, etc.) afin de construire des « safe cities ». La communication pose deux questions : qui produit et diffuse ces instruments de pouvoir ? quelles représentations de la délinquance et de la criminalité véhiculent-ils ? L’hypothèse défendue est que selon l’origine sectorielle des instruments, les coalitions d’acteurs et le type de données utilisées, les risques ciblés – et donc les territoires et les lieux – ne sont pas les mêmes. Deux technologies phares de ces offres « safe cities » seront examinées. Concernant la vidéosurveillance automatisée, les techniques d’apprentissage supervisé conduisent plutôt à reproduire les catégorisations dominantes des policiers, tandis que les techniques d’apprentissage non supervisé impliquent une définition procédurale de la « normalité » et redéfinissent ce qui est considéré comme suspect. Enfin, dans le cas de la cartographie prédictive, la variété des données d’apprentissage renforce ou non un déterminisme environnemental du crime, focalisé sur la criminalité de rue. L’enquête se base sur des matériaux qualitatifs recueillis dans le cadre d’une recherche en cours établissant une comparaison Canada - France. Des entretiens ont été menés auprès de représentants des pouvoirs publics et des polices impliquées, ainsi qu’auprès de membres d’entreprises concevant ces dispositifs.


Les pratiques de participation citoyenne au Québec: quand et dans quelle mesure doit-on consulter?: Joanie Bouchard (Université de Sherbrooke), Choquette Emmanuel (Université de Sherbrooke)
Abstract: Ces dernières années, plusieurs villes au Québec se sont engagées dans des initiatives de renouvellement de leur politique de participation citoyenne, reflétant un désir d’inclusion des citoyen.nes aux processus décisionnels. S’ajoute aussi la volonté d’accroitre l’imputabilité des personnes élues ainsi que d’obtenir une plus grande acceptabilité sociale des décisions qu’elles prennent (Gendron 2014; Yates 2018). Cependant, la mise en œuvre de ces politiques est complexifiée par la diversité des projets qu’une ville souhaite mettre de l’avant et la divergence des intérêts impliqués (Carrell 2013). En adoptant une perspective comparative et en s’appuyant sur une enquête qualitative, cette présentation s’intéresse aux types de processus de participation mobilisés par des villes québécoises de taille moyenne. L’hétérogénéité des structures de participation mises en place ainsi que la façon concrète dont ces politiques sont vécues par une variété d’acteurs - passant des citoyen.nes aux entrepreneur.es et aux membres de l’administration municipale - sont notamment soulignées. Axé sur l’analyse de pratiques concrètes, l’objectif de cette présentation est de mieux comprendre comment ces acteurs négocient à la fois la complexité des situations et les conséquences administratives de la mise en place d’initiatives de participation citoyenne. Au cœur de cette recherche se retrouvent deux questions précises : 1) dans quelles circonstances le déploiement d’un processus exhaustif de participation citoyenne est-il souhaitable? 2) En fonction des types de projets, quelles étapes de ce processus doit-on déployer? Les réponses obtenues visent à établir des repères de pratiques de participation citoyenne pouvant être mobilisés par les administrations municipales.


From Smart Cities to Smart Regions: regional innovation and digital infrastructure development in Niagara: Nathan Olmstead (Brock University), Charles Conteh (Brock University)
Abstract: The fabric of the Canadian city is increasingly fibreoptic. Across the country, policymakers are investing in technological innovation and digital infrastructure to address their nascent challenges. However, while cities have tended to understand these developmental shifts as a primarily local phenomenon, in the context of so-called smart cities, there is a tension between this perspective and contemporary scholarship on innovation more generally. More specifically, this contrasts with existing research into innovation ecosystems, which establishes innovation as a primarily regional, and inter-regional, phenomena, emerging from economic, technological, and cultural networks that vary in composition and resiliency. With that in mind, this project explores the potential for a more regional approach to digital infrastructure development in Canada. Using the Niagara Region as a case study, it explores the relationship between innovation and technology adoption across the region. Drawing on a mix of archival and interview-based research, we highlight the role of intermediary institutions in serving as key drivers and coordinators of innovation. We argue that these intermediaries serve as key interfaces between the state, market, and society in the development of sustainable innovation policy. The paper thus concludes by arguing that regional innovation policies have the capacity to produce more embedded and sustainable forms of innovation that respond directly to the specific challenges that regions face.